Texte intégral
Cour d’Appel de Douai
Tribunal Judiciaire de Valenciennes
Magistrat du siège chargé du contrôle des mesures privatives et restrictives de liberté dans le domaine des soins sans consentement
N° RG 25/00578 - N° Portalis DBZT-W-B7J-GZT7
Audience du 31 Octobre 2025
Minute N°25/00537
ORDONNANCE SUR CONTRÔLE SYSTÉMATIQUE
DES HOSPITALISATIONS PSYCHIATRIQUES CONTRAINTES
(art. L 3211-12-1 du code de la santé publique)
Demandeur : CENTRE HOSPITALIER DE DENAIN, dont le siège social est sis Le Rivage - Secteur G33 - G345 - 25 bis rue Jean Jaurès BP 225 - 59220 DENAIN
concernant : M. [W] [U]
né le 21 Juillet 2005 à VALENCIENNES (59300), demeurant Avenue Maurice Thorez - Entrée 148 Appartement 16 - 59282 DOUCHY-LES-MINES
assujetti(e) à des soins psychiatriques contraints sous le régime d’hospitalisation complète depuis le 21 octobre 2025 au CENTRE HOSPITALIER DE DENAIN dans le cadre d’une hospitalisation sous contrainte à la demande d’un tiers.
dispensé(e) de comparaître en raison de son état de santé, représenté(e) par Me Chlorine LAGACHE, avocat au barreau de Valenciennes, avocat commis d’office ou au titre de l’aide juridictionnelle selon le décret du 15 août 2014 en application de la loi du 28 septembre 2013.
OU
assisté(e) de Me Chlorine LAGACHE, avocat au barreau de Valenciennes, avocat commis d’office ou au titre de l’aide juridictionnelle selon le décret du 15 août 2014 en application de la loi du 28 septembre 2013.
Magistrat du siège chargé des mesures privatives et restrictives de liberté dans le domaine des soins sans consentement : Sophie PLANCHONGreffier : Adrien RAMIREZ
EN PRESENCE DE :
[P] [U], tiers intervenu lors de la décision d’hospitalisation, agissant en qualité de père;
EN L’ABSENCE DE :
Monsieur le procureur de la République ayant déposé des réquisitions écrites ;
Monsieur le directeur du centre hospitalier d’accueil, non représenté ;
DÉBATS : à l’audience publique du Vendredi 31 Octobre 2025 à 09 H 45
DÉCISION prononcée ce jour, copie de la décision sera notifiée aux parties à l’instance, avec précision des modalités de la voie de recours.
SITUATION ET PROCÉDURE
[W] [U] a fait l’objet de soins psychiatriques contraints impliquant son hospitalisation complète sous la responsabilité du CENTRE HOSPITALIER DE DENAIN, depuis le 21 octobre 2025, à la demande d’un tiers (art.L 3212-1-II 1°) dans une situation d’urgence exposant l’intégrité du malade à un risque grave (art. L 3212-3).
Le
magistrat du siège chargé des mesures privatives et restrictives de liberté dans le domaine des soins sans consentement a été saisi le 27 Octobre 2025 par le directeur du CENTRE HOSPITALIER DE DENAIN de l’éventualité d’avoir à prolonger le régime d’hospitalisation complète au delà de 12 jours continus.
À cette saisine ont été transmis par le directeur du CENTRE HOSPITALIER DE DENAIN les documents administratifs et médicaux relatifs à la mesure imposant les soins psychiatriques à [W] [U].
Vu la demande d’admission en hospitalisation complète de [W] [U] présentée par [P] [U] le 21 octobre 2025 en qualité de père de l’intéressé(e) ;
Vu le certificat médical initial établi le 21 octobre 2025 par le Docteur [N] [Y] établissant un risque grave d’atteinte à l’intégrité du malade ;
Vu la décision du directeur du CENTRE HOSPITALIER DE DENAIN en date du 21 octobre 2025 prononçant l’admission de [W] [U] en hospitalisation complète ;
Vu la notification de cette décision ou l’information de la personne hospitalisée, en date du 21 octobre 2025 ;
Vu le certificat médical dit des 24 heures établi le 22 octobre 2025 par le Docteur [F] [H] ;
Vu le certificat médical dit des 72 heures établi le 24 octobre 2025 par le Docteur [N] [Y] ;
Vu la décision du directeur de l’établissement en date du 24 octobre 2025 maintenant pour un mois les soins sous le régime de l’hospitalisation complète de [W] [U] ;
Vu la notification de cette décision ou l’information de la personne hospitalisée, en date du 23 octobre 2025;
Vu la saisine par le directeur de l’établissement du magistrat du siège chargé des mesures privatives et restrictives de liberté dans le domaine des soins sans consentement reçue au greffe de la juridiction le 27 Octobre 2025;
Vu l’avis motivé établi le 27 octobre 2025 par le Docteur [J] [D];
Vu les réquisitions écrites du ministère public en date du 27 octobre 2025 ;
Vu le débat en date du 31 Octobre 2025;
L’avis médical communiqué rédigé en date du XXX contre indique l’audition de [W] [U]en raison de son état de santé. Il y a donc lieu de le dispenser de comparaître à l’audience.
Me [S] [L] a été commis d’office par le bâtonnier de l’ordre du barreau de Valenciennes, pour assister ou représenter [W] [U].
Les parties intéressées ont été avisées de l’audience du 31 Octobre 2025 à 09 H 45.
Après avoir donné connaissance aux parties présentes des documents administratifs et médicaux figurant au dossier, qu’en outre ils ont pu consulter au greffe, ou par le patient, dans l’établissement d’accueil. Le débat s’est déroulé comme suit : à l’audience, il a été procédé à l’audition de [W] [U] et de son conseil ainsi que de [P] [U]. Le ministère public a conclu le 27 octobre 2025 à la prolongation de l’hospitalisation.
MOTIFS DE LA DÉCISION
L’hospitalisation sans son consentement d’une personne atteinte de troubles mentaux doit respecter le principe, résultant de l’article 66 de la Constitution, selon lequel la liberté individuelle ne saurait être entravée par une rigueur qui ne soit pas nécessaire (Conseil Constitutionnel, décision 2010/71 QPC du 26 novembre 2010). La protection de la liberté individuelle peut notamment trouver sa limite dans la protection de la sécurité de la personne objet des soins et des tiers auquel elle pourrait porter atteinte.
Selon l'article L. 3212-1 du code de la santé publique, une personne atteinte de troubles mentaux ne peut être admise en soins psychiatriques sans son consentement sur la décision du directeur d’un établissement psychiatrique que si :
1° ses troubles rendent impossible son consentement ;
2° son état impose des soins immédiats assortis soit d'une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, soit d’une surveillance médicale régulière justifiant une prise en charge sous une autre forme.
Le
magistrat chargé des mesures privatives et restrictives de liberté dans le domaine des soins sans consentement doit contrôler en application de l’article L3216-1 du code de la santé publique la régularité des décisions administratives prises en matière d’hospitalisation complète. En application de l’article L3211-3 du code de la santé publique il doit aussi veiller à ce que les restrictions à l’exercice des libertés individuelles du patient soient adaptées, nécessaires et proportionnées à son état mental et à la mise en oeuvre du traitement requis. Le juge ne peut dans le cadre de son contrôle se substituer à l’autorité médicale s’agissant de l’évaluation du consentement du patient, du diagnostic posé ou des soins.
[W] [U] était hospitalisé(e) au CENTRE HOSPITALIER DE DENAIN sans son consentement le 21 octobre 2025 dans les conditions rappelées dans l’en-tête de la présente ordonnance.
Le certificat médical initial établi le 21 octobre 2025 par le Docteur [N] [Y] décrivait en ces termes l’existence de troubles mentaux : un état dépressif majeur avec idées suicidaires précises, propos inquiétants quant à la volonté de passage à l’acte et absence de recul critique sur la gravité de la situation.
Etait alors constaté le risque grave d’atteinte à l’intégrité du malade.
Les certificats médicaux postérieurs établissaient pendant la période d’observation que les troubles mentaux initialement décrits étaient toujours d’actualité , notamment XXXX et que la prise en charge de [W] [U] devait se poursuivre sous le mode de l’hospitalisation complète.
L'avis motivé daté du 27 octobre 2025. Il résulte des éléments médicaux joints à la requête que le patient a été admis initialement en soins libres pour mise à distance d’idéations suicidaires dans un contexte de rupture sentimentale. Mise en évidence de symptomes dépressifs avec instauration de traitement. Devant la persistance et l’amplification des idées suicidiaires avec risque de passage à l’acte et absence de critique, passage en soins à la demande d’un tiers pour prise en charge plus contenante. Amorce d’évolution clinique favorable depuis 2 jours, discours cependant immature et superficiel avec impatience à sortir manifestée ; nécessité de consolider l’amélioration en cours
A l'audience, [W] [U]
Le tiers demandeur à la mesure
Le conseil de [W] [U] était entendu en ses observations. Il indiquait.
Il résulte de l’ensemble de ces éléments que la procédure relative à l’admission de [W] [U] en hospitalisation complète est régulière, que l’état mental de [W] [U] impose la poursuite des soins assortis d’une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète.
La présente décision étant rendue dans l’intérêt de l’ordre public sanitaire, les dépens seront mis à la charge du Trésor public.
PAR CES MOTIFS
NOUS, Sophie PLANCHON,
magistrat du siège chargé des mesures privatives et restrictives de liberté dans le domaine des soins sans consentement, statuant par décision réputée contradictoire et en premier ressort ;
VU les dispositions des articles L 3211-1 et suivants et R 3211-7 et suivants du code de la santé publique ;
AUTORISONS la poursuite des soins psychiatriques imposés à [W] [U] sous le régime de l’hospitalisation complète au delà du 12e jour de son admission d’hospitalisation continue ;
ORDONNONS la mainlevée des soins psychiatriques sans consentement dont [W] [U] fait l’objet avec prise d’effet dans les 24 heures aux fins de mise en place éventuelle d’un programme de soins ;
INFORMONS les parties ainsi que leur représentant que le délai d’appel est de dix jours à compter de ce jour et que cet appel doit être formé par déclaration motivée transmise par tout moyen au greffe de la Cour d’Appel de Douai ;
DISONS que la présente décision sera notifiée aux parties, à M. le directeur du centre hospitalier et au tiers intervenu pour l’hospitalisation et qu’elle est communiquée au ministère public.
LAISSONS les dépens à la charge du Trésor public.
Ainsi jugé et prononcé publiquement les an, mois et jour susdits.
Le Greffier, Le
magistrat chargé des mesures privatives et restrictives de liberté dans le domaine des soins sans consentement,
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