Texte intégral
COUR D'APPEL D'AIX-EN-PROVENCE
Rétention Administrative
CHAMBRE 1-11 RA
ORDONNANCE
DU 15 DECEMBRE 2022
N° 2022/1365
Rôle N° RG 22/01365 - N° Portalis DBVB-V-B7G-BKPAH
Copie conforme
délivrée le 15 Décembre 2022 par courriel à :
-l'avocat
-le préfet
-le CRA
-le JLD/TJ
-le retenu
-le MP
Signature,
le greffier
Décision déférée à la Cour :
Ordonnance rendue par le Juge des libertés et de la détention de MARSEILLE en date du 13 Décembre 2022 à 11h08.
APPELANT
Monsieur [J] [E]
né le 28 Mai 1994 à [Localité 2] (ALGERIE)
de nationalité Algérienne
Comparant en personne,
Assisté de Me Capucine CHAMOUX, avocat au barreau d'AIX-EN-PROVENCE, avocat commis d'office et de M. [L] [U], interprète en langue arabe en vertu d'un pouvoir spécial, non inscrit sur la liste des experts de la cour d'appel d'Aix-en-Provence, ayant préalablement prêté serment.
INTIME
Monsieur le préfet de l'HERAULT
Représenté par M. [D] [I]
MINISTÈRE PUBLIC :
Avisé et non représenté
DEBATS
L'affaire a été débattue en audience publique le 15 décembre 2022 devant Madame Aude PONCET, Vice-Présidente placée près le Premier Président de la Cour d'Appel d'Aix en Provence, déléguée par le premier président par ordonnance, assistée de Madame Michèle LELONG, Greffière,
ORDONNANCE
Contradictoire,
Prononcée par mise à disposition au greffe le 15 décembre 2022 à 14h05,
Signée par Madame Aude PONCET, Vice-Présidente placée et Mme Michèle LELONG, Greffière,
PROCÉDURE ET MOYENS
Vu les articles L 740-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) ;
Vu l'arrêté portant obligation de quitter le territoire national pris le 13 novembre 2022 par le préfet de l'HERAULT , notifié le même jour à 17h15 ;
Vu la décision de placement en rétention prise le 13 novembre 2022 par le préfet de l'HERAULT notifiée le même jour à 17h20 ;
Vu l'ordonnance du 15 novembre 2022 rendue par le Juge des libertés et de la détention de MARSEILLE décidant le maintien de Monsieur [J] [E] dans des locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire ;
Vu l'ordonnance du 16 novembre 2022 rendue par la cour d'appel d'Aix en Provence confirmant le maintien de Monsieur [J] [E] dans des locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire ;
Vu l'ordonnance du 13 Décembre 2022 rendue par le Juge des libertés et de la détention de MARSEILLE décidant le maintien de Monsieur [J] [E] dans des locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire ;
Vu l'appel interjeté le 13 décembre 2022 à 21h43 par Monsieur [J] [E] ;
Monsieur [J] [E] a comparu et a été entendu en ses explications ; il déclare : 'j'ai parlé aux autorités algériennes et tunisiennes. On a dit que j'étais algérien. Je le confirme. Je peux être hébergé à [Localité 1]. Je suis stressé, j'ai un hébergement chez mon oncle, il m'héberge. Je veux un délai, j'ai des affaires à récupérer. J'ai un passeport en Espagne, je veux récupérer mon argent.'
Son avocat a été régulièrement entendu ; il conclut au défaut de diligences de l'administration et à la possibilité d'assigner Monsieur [J] [E] à résidence. Il sollicite l'infirmation de la décision attaquée, à titre principal, la remise en liberté de Monsieur [J] [E] et, à titre subsidiaire, son assignation à résidence. Il fait valoir qu'aucune diligence n'a été effectuée depuis le 3 décembre 2022. Il indique que Monsieur [E] peut être hébergé chez son oncle.
Le représentant de la Préfecture sollicite la confirmation de la décision attaquée et le rejet de la demande d'assignation à résidence. Il précise qu'il existe un doute sur sa nationalité d'où les contacts pris avec les autorités tunisiennes. En ce qui concerne la demande d'assignation à résidence, il souligne que la précédente demande a été rejetée, faute pour Monsieur [Z] d'avoir remis un passeport valide.
MOTIFS DE LA DÉCISION
La recevabilité de l'appel contre l'ordonnance du juge des libertés et de la détention n'est pas contestée et les éléments du dossier ne font pas apparaître d'irrégularité.
Sur la seconde prolongation et les diligences préfectorales
Aux termes de l'article L742-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile le juge des libertés et de la détention peut être à nouveau saisi aux fins de prolongation du maintien en rétention au-delà de trente jours, dans les cas suivants :
1° En cas d'urgence absolue ou de menace d'une particulière gravité pour l'ordre public ;
2° Lorsque l'impossibilité d'exécuter la décision d'éloignement résulte de la perte ou de la destruction des documents de voyage de l'intéressé, de la dissimulation par celui-ci de son identité ou de l'obstruction volontaire faite à son éloignement ;
3° Lorsque la décision d'éloignement n'a pu être exécutée en raison :
a) du défaut de délivrance des documents de voyage par le consulat dont relève l'intéressé ou lorsque la délivrance des documents de voyage est intervenue trop tardivement pour procéder à l'exécution de la décision d'éloignement ;
b) de l'absence de moyens de transport.
L'étranger peut être maintenu à disposition de la justice dans les conditions prévues à l'article L. 742-2.
Si le juge ordonne la prolongation de la rétention, celle-ci court à compter de l'expiration de la précédente période de rétention et pour une nouvelle période d'une durée maximale de trente jours. La durée maximale de la rétention n'excède alors pas soixante jours.
Si aux termes de cet article, l'exigence de la démonstration par l'administration d'un éloignement à bref délai n'est requise que pour les troisième et quatrième prolongations de la rétention, il n'en demeure pas moins, qu'en application de l'article L.741-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, un étranger ne peut être placé ou maintenu en rétention que pour le temps strictement nécessaire à son départ et que l'administration doit exercer toute diligence à cet effet.
En l'espèce, il résulte de la procédure que Monsieur [J] [E] a été placé en rétention le 13 novembre 2022, que cette rétention a fait l'objet d'une première prolongation par ordonnance du juge des libertés et de la détention de Marseille en date du 15 novembre 2022, décision confirmée par la cour d'appel le 16 novembre 2022.
Il ressort de cette même procédure que les autorités consulaires algériennes ont été saisies par l'administration dès le 14 novembre 2022 par courrier d'une demande d'audition de Monsieur [J] [E] aux fins de délivrance d'un laisser passer et que Monsieur Monsieur [J] [E] a été entendu le 30 novembre 2022 par le consulat algérien.
Par courrier en date du 3 décembre 2022, les autorités consulaires algériennes ont répondu aux autorités préfectorales que l'entretien n'avait pas permis de reconnaitre Monsieur [J] [E] comme un de leurs ressortissants et qu'une enquête approfondie était en cours en Algérie, Monsieur [J] [E] ayant refusé de s'exprimer.
Par mail et par courrier en date du 5 décembre 2022, les autorités préfectorales ont également saisies les autorités consulaires tunisiennes d'une demande de laisser passer consulaires.
Monsieur [J] [E] a été entendu par ces autorités le 7 décembre 2022, lesquels ont été relancées par mail du 12 décembre 2022 par les autorités préfectorales.
Dès lors, les diligences utiles ont été accomplies.
Sur la demande d'assignation à résidence
Aux termes de l'article L. 743-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le juge des libertés et de la détention peut ordonner l'assignation à résidence de l'étranger lorsque celui-ci dispose de garanties de représentation effectives.
L'assignation à résidence ne peut être ordonnée par le juge qu'après remise à un service de police ou à une unité de gendarmerie de l'original du passeport et de tout document justificatif de son identité, en échange d'un récépissé valant justification de l'identité et sur lequel est portée la mention de la décision d'éloignement en instance d'exécution.
Lorsque l'étranger s'est préalablement soustrait à l'exécution d'une décision mentionnée à l'article L. 700-1, à l'exception de son 4°, l'assignation à résidence fait l'objet d'une motivation spéciale.
L'appréciation de l'opportunité d'accorder cette mesure, qui ne saurait non plus être automatique, suppose que les éléments de la procédure ne laissent pas apparaître un risque de non exécution de la mesure d'éloignement.
En l'espèce, Monsieur [J] [E] n'a pas remis de passeport original en cours de validité aux autorités compétentes.
Il convient de relever que son recours contre la mesure d'éloignement a été rejeté par le tribunal administratif de Marseille le 17 novembre 2022.
Dans ces conditions, et ce même s'il verse aux débats une attestation d'hébergement, une assignation à résidence constituerait un risque de non exécution de la mesure d'éloignement et la demande sera rejetée.
Au vu de ces éléments, il y a lieu de confirmer la décision déférée.
PAR CES MOTIFS
Statuant publiquement par décision contradictoire en dernier ressort, après débats en audience publique,
Confirmons l'ordonnance du Juge des libertés et de la détention de MARSEILLE en date du 13 Décembre 2022.
Les parties sont avisées qu'elles peuvent se pourvoir en cassation contre cette ordonnance dans un délai de 2 mois à compter de cette notification, le pourvoi devant être formé par déclaration au greffe de la Cour de cassation, signé par un avocat au conseil d'Etat ou de la Cour de cassation.
La greffière, La présidente,
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