Texte intégral
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
COUR D'APPEL DE PARIS
L. 742-1 et suivants du Code de l'entrée et du séjour
des étrangers et du droit d'asile
ORDONNANCE DU 22 novembre 2025
(1 pages)
Numéro d'inscription au répertoire général et de décision : B N° RG 25/06452 - N° Portalis 35L7-V-B7J-CMJJY
Décision déférée : ordonnance rendue le 19 novembre 2025, à 14h59, par le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Meaux
Nous, Elise Thevenin-Scott, conseillère à la cour d'appel de Paris, agissant par délégation du premier président de cette cour, assistée de Sophie Capitaine, greffier aux débats et au prononcé de l'ordonnance,
APPELANT
LE PREFET DES HAUTS-DE-SEINE
représenté par Me Alexandre Marinelli, substituant le cabinet Mathieu, avocats au barreau de Paris
INTIMÉ
M. [X] [E]
né le 22 octobre 2006 à [Localité 2] de nationalité Algérienne
LIBRE, non comparant, non représenté, convoqué au centre de rétention du Mesnil Amelot n°2 et 3, faute d'adresse déclarée,
MINISTÈRE PUBLIC, avisé de la date et de l'heure de l'audience,
ORDONNANCE :
- réputée contradictoire,
- prononcée en audience publique,
- Vu l'ordonnance du 19 novembre 2025 du magistrat du siège du tribunal judiciaire de Meaux déclarant irrecevable la requête du préfet des Hauts-de-Seine et disant n'y avoir lieu à statuer sur la demande de quatrième prolongation de la rétention administrative de M. [X] [E] ;
- Vu l'appel motivé interjeté le 20 novembre 2025, à 14h59, par le conseil du préfet des Hauts-de-Seine;
- Après avoir entendu les observations du conseil du préfet tendant à l'infirmation de l'ordonnance ;
SUR QUOI,
Monsieur [X] [E], né le 22 octobre 2006 à [Localité 3] (Algérie) a été placé en rétention administrative par arrêté préfectoral en date du 05 septembre 2025, sur la base d'un arrêté préfectoral portant OQTF en date du 02 avril 2025.
La mesure a été prolongée le 09 septembre 2025, le 05 octobre 2025 puis le 04 novembre 2025 pour une durée de quinze jours.
Par requête en date du 18 novembre 2025, la préfecture des Hauts de Seine a saisi à nouveau le magistrat du siège en charge du contrôle des mesures restrictives et privatives de liberté de [Localité 1], sur le fondement de l'article L.742-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, pour obtenir une quatrième prolongation dans la limite d'une durée totale de rétention de 90 jours.
Par ordonnance en date du 19 novembre 2025, il n'a pas été fait droit à cette requête.
La préfecture a interjeté appel.
Réponse de la cour :
Les dispositions de l'article L. 742-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ont été abrogées par la loi n° 2025-796 du 11 août 2025 visant à faciliter le maintien en rétention des personnes condamnées pour des faits d'une particulière gravité et présentant de forts risques de récidive en vigueur à compter du 11 novembre 2025.
Le juge saisi ne peut valablement appliquer le 20 novembre 2025 une disposition abrogée et ce, depuis le 11 novembre 2025 date d'entrée en vigueur de la loi.
Par ailleurs, seules des dispositions transitoires expressément prévues par la loi permettent soit de faire survivre une loi ancienne pour des situations précisément déterminées, soit d'autoriser une application immédiate de la loi nouvelle à des situations relevant de l'ancien texte. À défaut de telles dispositions transitoires, il ne peut appartenir au juge de s'y substituer et de poser les conditions d'une quatrième prolongation.
Dès lors, c'est à juste titre que le premier juge n'a pas fait droit à la requête de la préfecture. Il convient de confirmer la décision.
PAR CES MOTIFS,
CONFIRMONS l'ordonnance,
ORDONNONS la remise immédiate au procureur général d'une expédition de la présente ordonnance.
Fait à [Localité 4] le 22 novembre 2025 à
LE GREFFIER, LE PRÉSIDENT,
REÇU NOTIFICATION DE L'ORDONNANCE ET DE L'EXERCICE DES VOIES DE RECOURS:
Pour information:
L'ordonnance n'est pas susceptible d'opposition.
Le pourvoi en cassation est ouvert à l'étranger, à l'autorité administrative qui a prononcé le maintien en zone d'attente ou la rétention et au ministère public.
Le délai de pourvoi en cassation est de deux mois à compter de la notification.
Le pourvoi est formé par déclaration écrite remise au secrétariat greffe de la Cour de cassation par l'avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation constitué par le demandeur.
Le préfet ou son représentant
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