Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE
de LILLE
[Localité 2]
☎ :[XXXXXXXX01]
N° RG 23/02828 - N° Portalis DBZS-W-B7H-XBSF
N° de Minute : BX 24/00183
JUGEMENT
DU : 07 Mars 2024
S.A. VILOGIA
C/
[K] [M]
REPUBLIQUE FRANÇAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
JUGEMENT DU 07 Mars 2024
DANS LE LITIGE ENTRE :
DEMANDEUR(S)
S.A. VILOGIA, dont le siège social est sis [Adresse 3]
représentée M. [Y] [C], muni d'un mandat écrit
ET :
DÉFENDEUR(S)
M. [K] [M], demeurant [Adresse 5]
comparant en personne
COMPOSITION DU TRIBUNAL LORS DES DÉBATS À L'AUDIENCE PUBLIQUE DU 14 Décembre 2023
Catherine CHRUSCIELEWSKI, Juge, assistée de Mahdia CHIKH, Greffier
COMPOSITION DU TRIBUNAL LORS DU DÉLIBÉRÉ
Par mise à disposition au Greffe le 07 Mars 2024, date indiquée à l'issue des débats par Catherine CHRUSCIELEWSKI, Juge, assistée de Mahdia CHIKH, Greffier
EXPOSE DU LITIGE
Par acte du 12 octobre 2011, S.A. VILOGIA a donné en location à Monsieur [K] [M] un immeuble à usage d'habitation situé à [Adresse 5].
Le 16 décembre 2022, S.A. VILOGIA a fait signifier à Monsieur [K] [M] un commandement de payer les loyers et charges impayés visant la clause résolutoire.
Par acte d'huissier de justice du 24 février 2023, S.A. VILOGIA a fait assigner Monsieur [K] [M], pour l'audience du vingt et un Septembre deux mil vingt trois, devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de Lille, auquel il demande de :
- constater ou à défaut prononcer la résiliation du bail pour défaut de paiement des loyers et des charges ;
- prononcer l'expulsion de Monsieur [K] [M] ;
- le condamner au paiement :
- de la somme de 1081,23 euros au titre des loyers et charges impayés avec intérêts au taux légal ;
- d'une indemnité d'occupation mensuelle égale au montant du dernier loyer et des charges, dont le montant pourra être réajusté au cas où les charges réelles dépasseraient le montant de la provision jusqu'à la libération effective des lieux ;
- de la somme de 150 euros en application de l'article 700 du code de procédure civile ;
- condamner Monsieur [K] [M] aux entiers dépens ;
- ordonner l'exécution provisoire.
A l'audience, S.A. VILOGIA a confirmé sa demande en l'actualisant à la somme de 3922,87 euros au titre des loyers et charges selon décompte arrêté au 30 novembre 2023 et demande la résiliation du bail.
Monsieur [K] [M] expose qu'il a demande le changement des toilettes depuis l'état des lieux d'entrée (fuite). Il indique que l'eau est coupée et qu'il n'y a plus d'électricité ; qu'il a du faire installer une nouvelle porte aux normes en raison du refus de prise en charge par l'assurance lors du cambriolage. Il ne fait pas de propositions pour un logement qu'il juge insalubre.
Monsieur [M] ne produit aucun justificatif à l'appui de ses affirmations et ne justifie d'aucune démarche.
En cours de délibéré, S.A. VILOGIA indique qu'elle a effectué une recherche interne sur les allégations de Monsieur [M] auprès du centre relation client.
Le centre de relation client lui a répondu que sur le dossier client de Monsieur [M], il n'y a eu qu'une seule prise de contact au mois de mars 2023, pour du recouvrement.
Par ailleurs il résulte des pièces du dossier que le 23 mars 2023 la S.A. VILOGIA a informé par lettre recommandée avec AR Monsieur [M] de ce qu'une visite d'entretien annuel était prévue par LOGISTA dans son logement le 13 avril 2023.
L'affaire a été mise en délibéré au 07 Mars 2024.
MOTIFS DE LA DÉCISION
Sur la recevabilité :
Le bailleur justifie avoir saisi la CAF, le 15 novembre 2022 puis avoir notifié au préfet du Nord, le 27 février 2023 l'assignation visant à obtenir l'expulsion, conformément aux dispositions de l'article 24 II de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989.
Son action est donc recevable.
Sur la demande de résiliation et d'expulsion et d'indemnités mensuelles d'occupation:
Le contrat de bail comporte effectivement une clause résolutoire pour défaut de paiement du loyer et des charges.
Aucun paiement n'est intervenu depuis mai 2022.
La dette n'a pas été réglée dans les deux mois de la signification du commandement.
Les conditions d'acquisition de la clause résolutoire contenue dans le contrat de bail du logement étaient réunies à la date du 16 février 2023.
Il convient, en conséquence, de constater la résiliation du bail et d'ordonner l'expulsion de Monsieur [K] [M] suivant les modalités prévues au dispositif de la présente décision.
L'occupation prolongée du logement après la résiliation du bail cause au propriétaire un préjudice qui justifie le paiement d'une indemnité d'occupation égale au montant du loyer courant et des charges.
Sur la base du dernier loyer, cette indemnité d'occupation sera fixée à la somme de 498,41 euros, provision pour charges comprises, à compter de la résiliation du bail, et variera comme l'aurait fait le loyer ou la provision pour charges si le bail s'était poursuivi.
Le montant des charges pourra être réajusté au cas où les charges réelles de l'année dépasseraient la provision.
Monsieur [K] [M] sera donc condamné à payer à S.A. VILOGIA, la somme de 498,41 euros au titre de l'indemnité mensuelle d'occupation à compter du 1er décembre 2023 jusqu'à la libération effective et définitive des lieux.
Sur les sommes dues :
Il ressort du relevé de compte versé aux débats que le montant des loyers, indemnités d'occupation et charges impayés, s'élevait, au 30 novembre 2023, à la somme de 3778,09 euros, déduction faite des divers frais éventuellement inclus dans le décompte.
Monsieur [K] [M] sera donc condamné à payer en deniers ou quittances valables à S.A. VILOGIA la somme de 3778,09 euros au titre de l'arriéré locatif arrêté au 30 novembre 2023 ; ainsi que la somme de 99,06 euros au titre des pénalités d'enquête à compter du 16 novembre.
Les intérêts sont dus au taux légal à compter du présent jugement.
Sur les demandes accessoires :
Monsieur [K] [M], qui succombe, supportera les entiers dépens.
L'équité commande par contre de laisser à la charge du bailleur les frais irrépétibles non compris dans les dépens et la demande présentée au titre de l'article 700 du code de procédure civile sera donc rejetée.
L'article 514 du code de procédure civile dispose désormais que : " les décisions de première instance sont de droit exécutoires à titre provisoire à moins que la loi ou la décision rendue n'en dispose autrement".
PAR CES MOTIFS
Le juge des contentieux de la protection, statuant après débats publics, par jugement Contradictoire et en premier ressort ;
Déclare l'action de S.A. VILOGIA recevable ;
Constate la résiliation du bail conclu le 12 octobre 2011 entre S.A. VILOGIA et Monsieur [K] [M] concernant l'immeuble situé à [Adresse 5], à la date du 16 février 2023;
Dit qu'à défaut pour Monsieur [K] [M] ainsi que pour tout occupant de son chef, d'avoir libéré les lieux dans les deux mois du commandement de délaisser, il pourra être procédé à son expulsion, si besoin avec l'assistance de la force publique ;
Rappelle qu'en application de l'article L433-1 du code des procédures civiles d'exécution "les meubles se trouvant sur les lieux sont remis, aux frais de la personne expulsée, en un lieu que celle-ci désigne. A défaut, ils sont laissés sur place ou entreposés en un autre lieu approprié et décrit avec précision par l'huissier de justice chargé de l'exécution, avec sommation à la personne expulsée d'avoir à les retirer dans un délai fixé par voie réglementaire" ;
Fixe à la somme de 498,41 euros l'indemnité d'occupation mensuelle ;
Dit que la part correspondant aux charges pourra être réajustée au cas où les charges réelles de l'année dépasseraient la provision ;
Condamne Monsieur [K] [M] à payer en deniers ou quittances valables à S.A. VILOGIA, la somme de 3778,09 euros au titre de l'arriéré locatif arrêté au 30 novembre 2023, avec intérêts au taux légal à compter du présent jugement ; ainsi que la somme de 99,06 euros au titre des pénalités d'enquête à compter du 16 novembre 2022 ;
Condamne Monsieur [K] [M] à payer à S.A. VILOGIA, la somme de 498,41 euros par mois au titre de l'indemnité d'occupation à compter du 1er décembre 2023 et jusqu'à libération effective et définitive des lieux ;
Rappelle à Monsieur [K] [M] qu'il peut saisir la commission de médiation, à condition de justifier du dépôt préalable de l'enregistrement d'une demande de logement social ou, à défaut, d'apporter la justification de l'absence de demande. Pour saisir la commission de médiation, il convient d'utiliser le formulaire CERFA N°15036*1 (téléchargeable sur le site internet des services de l'Etat dans le Nord "nord.gouv.fr") à retourner complété et accompagné de toutes les pièces justificatives requises à l'adresse suivante :
DIRECTION DEPARTEMENTALE DE LA COHESION SOCIALE
Mission accès au logement
Secrétariat de la commission médiation DALO
[Adresse 4]
[Adresse 4]
[Localité 2];
Dit qu'une copie de la présente décision sera adressée par les soins du greffe au représentant de l'Etat dans le département pour information ;
Rejette la demande formée par le bailleur au titre de l'article 700 du code de procédure civile ;
Condamne Monsieur [K] [M] aux dépens en ce compris le coût du commandement du 16 décembre 2022 et de l'assignation mais à l'exclusion du coût de la saisie conservatoire ;
Rappelle que le présent jugement est de droit exécutoire à titre provisoire ;
Rejette toute autre demande.
Ainsi jugé et prononcé le 07 Mars 2024 par mise à disposition au greffe.
Le GREFFIER Le PRESIDENT
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